Femm Poto Mitan du Mois
Nous mettrons à l'honneur un membre ou parfois plusieurs membres de notre réseau qui bénificieront d'une visibilité exclusive pendant un mois, dans la communauté www.FemmDoubout.org, pour une présentation complète de leurs activités et de leurs parcours professionnels.
Décembre 2009
Agnès Bourne-Cousin

Fonction : Présidente de l'association CAD'HOME
La chose politique, on le sait, ne se joue pas seulement dans les assemblées et les élections, elle se joue aussi et de plus en plus dans le milieu associatif, essentiel à la cohésion du tissu social. Et dans ce milieu, les femmes ont un rôle déterminant à mener pour le maintenir, le faire grandir et le faire vivre, même si souvent, elles le font sans bruit. C’est pourquoi nous aimerions, ce mois-ci, jeter un éclairage sur le parcours d’Agnès Bourne-Cousin, fondatrice de l’association CAD’HOME, destinée à apporter à domicile l’aide nécessaire aux personnes qui en ont le plus besoin en Martinique. Agnès, avec la modestie qui la caractérise, n’avait certainement pas, en créant CAD’HOME, d’autre ambition que de mettre ses compétences, acquises pas à pas, au service de l’ile, pourtant, elle a créé, à travers elle, un espace d’aide dont les bénéficiaires, chaque jour, mesurent les bienfaits. Agnès a commencé comme secrétaire médicale en 1992 à Nantes, entre divers cabinets et le C.H.U. Son baccalauréat, obtenu cette année-là, la destinait naturellement à cet emploi qu’elle occupera jusqu’en 1998. Mais en 2000, Agnès, depuis son domicile, reprend les cours pour obtenir en 2001 un BTS en économie sociale et familiale. C’est un nouveau départ pour elle, puisqu’elle se lance, indépendante, comme prestataire de services, toujours depuis chez elle, afin de s’occuper au mieux de ses enfants, puis c’est enfin le départ pour la Martinique en 2003 où très vite elle peut mettre en valeur ses qualités de formatrice dans la bureautique et les sciences médico-sociales. Entre 2004 et 2005, on la croise successivement à l’INSAG, à Stratèges Caraïbes et à FORMATEC, puis elle devient assistante de direction d’abord pour un service d’hospitalisation à domicile, puis dans une société de location de chapiteaux et de matériel modulaire. Agnès croise donc les postes et les expériences mais pendant tout ce temps, une idée, simple, mais non encore suffisamment exploitée en Martinique grandit dans son esprit : créer une structure d’aide aux personnes dans le besoin. CAD’HOME prend forme. Elle dépose les statuts de l’association en 2007 et, armée de son seul courage, elle ne se consacre plus qu’au développement de celle-ci. Il s’agit principalement de coordonner l’aide à domicile sous toutes ses formes et de proposer un réseau de techniciennes, d’assistantes ou d’employées qui, selon les besoins, se déplacent chez ces personnes, nos voisins ou voisines, qui, souvent, en silence, n’arrivent pas à assumer une difficulté ponctuelle. Pour Agnès, cette association est l’occasion d’être au centre de ce qu’elle aime réellement et si les débuts furent difficiles, la récompense de son travail est rapidement arrivée puisque CAD’HOME, comme coordination d’aide à domicile, a été lauréat, en 2008, du concours Talents qui révèle, chaque année, une idée, une entreprise réellement novatrice. Depuis, l’association grandit rapidement, et Agnès envisage de préparer un diplôme de directrice d’établissement en économie sociale afin d’avoir tous les atouts en main pour conduire son projet le plus haut possible. Femme de l’ombre, donc, mais femme devenant indispensable, Agnès a réussi ce tour de force de s’imposer comme une des femmes « poto mitan » de notre île.
Article de N.P _ Femmdoubout _ le 08/12/09
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Commentaires
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agnes est un exemple a suivre!!!
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j'admire les femmes qui font avancer les choses,le social en autre et qui ne se mettent pas en avant pour briller. Une TISF qui sait ce que "rester humble" veut dire félicitations et bonne continuation.
Novembre 2009
Catherine Glavnik

Fonction : Responsable de Production (office de tourisme du nord de la Réunion)
Catherine Glavnik, la femme que nous avons élue ce mois-ci pour être à la une du site, a choisi de placer sa vie professionnelle sous le signe du tourisme, de son développement, mais dans le respect de la découverte d’un lieu, la Réunion et de sa culture, contrairement au tourisme de masse, imaginé ailleurs que dans nos îles et si souvent déconnecté des réalités de nos pays. Le tourisme représente une quantité non négligeable de notre essor et de notre vie économique. Mais il est essentiel désormais, et pour les générations futures, de concevoir un tourisme imaginé par les domiens, qui soit certes un espace de divertissement pour les « clients » mais également un espace d’apprentissage, d’écoute et d’attention de nos cultures trop souvent marginalisées. Catherine, dans le secteur Nord de la Réunion, a pris en considération ces impératifs et a su leur donner une réalité. Catherine a étudié à l’Université de la Réunion, où elle a obtenu un DEUG d’Administration économique et sociale. A l’université déjà, l’envie de proposer des séjours comme des aventures et des découvertes se fait sentir : elle organise des sorties trekking à Madagascar, ainsi qu’une traversée Réunion Madagascar en voilier. Ensuite en 1995, elle rejoint l’ESCAET à Aix en Provence, une école de commerce spécialisée dans le tourisme, où elle a obtenu, en trois ans, un diplôme en management de production et de commercialisation de produits touristiques. Rapidement, elle met ses compétences acquises au service de son île où elle est chargée durant six mois d’effectuer et de mettre au point un plan sur les activités de plein air à la Réunion. Une année sabbatique plus tard, où elle a l’occasion de séjourner à Berlin puis à Londres, Catherine rejoint l’Office du tourisme intercommunal du Nord, où elle est chargée de diverses missions afin de promouvoir ce nouveau tourisme qui passe par la création de journées, de parcours découvertes, et de concepts liés à la culture créole. Elle n’oublie pas de parfaire sa formation en s’intéressant à des sujets aussi divers que la communication, les écosystèmes de son île ou que le tourisme pour les handicapés. Ce sont autant de compétences converties en idées novatrices qui la désignent directrice par intérim, pour un an, de l’Office du tourisme où elle doit également gérer l’ensemble du budget alloué au développement du tourisme sur cet espace Nord tout en communiquant son enthousiasme aux divers acteurs de cette industrie à laquelle elle a contribué à redonner un visage humain. Depuis, elle a retrouvé sa place, au service de son île. Oui, à travers l’exemple de Catherine, nous voulions faire savoir qu’il était possible d’être novateur en matière de tourisme, en le définissant comme une véritable aventure individuelle et collective, défendue par les iliens et non comme une machine qui ne laisse entrevoir à ceux qui y participent qu’une image de carte postale, bien confortable.
Article de N.P _Femmdoubout le 26/11/09
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Commentaires
Octobre 2009
Catherine Boutet
Catherine Boutet
Fonction : Journaliste et présentatrice d’émissions sur les chaines RFO Guyane et Tempo
Certaines femmes semblent être prédestinées dès leur plus jeune âge à tenir un rôle et une fonction qui sont plus qu’une simple activité, mais qui sont une vocation au sens plein du terme dans laquelle se fonde leur identité. Catherine Boutet est un visage bien connu des Guyanais et des téléspectateurs de la chaine Tempo, puisqu’elle est l’animatrice de l’émission « Mais encore… » depuis 2009 et une des journalistes vedettes et phares de RFO Guyane, qui présente chaque soir le journal d’informations, depuis de nombreuses années en alternance avec ces autres collègues. Ce que les Guyanais, et les autres domiens, savent moins, puisque Catherine a travaillé pour l’ensemble du réseau RFO, c’est qu’elle a choisi de faire du journalisme son métier dès son plus jeune âge, pour faire partager ses coups de cœur à l’ensemble des téléspectateurs de son pays d’origine. « Ce qui me plaisait, c'était le fait de bouger, raconter l'histoire des gens de chez moi ou des régions qui me ressemblent, c'était ça et rien d'autre. » nous a confié Catherine alors qu’elle parlait de sa première expérience chez RFO, à l’âge de quatorze ans seulement, lors d’un stage où elle a l’opportunité de faire, déjà, un petit reportage. Sa vocation est donc déjà toute trouvée : elle est indéfectiblement liée à l’histoire et aux gens qui habitent le pays où elle est née, la Guyane, et, par extension, aux autres Doms. Catherine passe d’abord son bac, et obtient une licence d’espagnol avant d’intégrer en 1995 l’Ecole de Journalisme de Toulouse où, pendant trois ans et divers stages effectués à RFO Guyane, elle mûrit la question qui sera à la base son mémoire de fin d’études : l’éloignement oblige-t-il à l’exotisme pour être lu dans la presse nationale ? Cette question, chaque journaliste domien travaillant dans les médias nationaux a dû se la poser, tant le reflet que renvoie la France des doms est souvent approximatif, plein de poncifs, d’idées reçues et d’images préconçues. Revenue définitivement en 1998 en Guyane, après avoir effectué deux derniers stages à Paris et à fort de France, toujours au sein de RFO, Catherine va s’atteler à démontrer qu’éloignement n’est pas synonyme d’exotisme en restant fidèle à ce qu’elle avait pensé à 14 ans. C’est en racontant son pays avec le regard le plus juste possible qu’elle multiplie les expériences, à la radio et à la télévision, en Martinique, Guadeloupe et en Guyane, et en 2007, elle est nommée journaliste spécialisée à la télévision où elle alterne son temps entre les plateaux et la recherche sur le terrain de sujets. Ainsi, à 35 ans seulement, Catherine possède une solide expérience, mais plus encore, peut-être, c’est une revendication qu’elle porte à travers ses activités, celle toujours renouvelée, que les pays les plus éloignés ont droit également à l’audience et à l’écoute les plus larges, les plus attentives et les plus honnêtes pour exister.
Article N.P _ Femmdoubout _ le 02/10/09
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