Femm Poto Mitan du Mois
Nous mettrons à l'honneur un membre ou parfois plusieurs membres de notre réseau qui bénificieront d'une visibilité exclusive pendant un mois, dans la communauté www.FemmDoubout.org, pour une présentation complète de leurs activités et de leurs parcours professionnels.
Mai 2010
Audrey Celestine

Fonction :
Souvent, les femmes que nous choisissons de mettre à l’honneur dans notre rubrique « Le Portrait du mois » sont des femmes domiennes d’action, impliquées dans le réseau entrepreneurial ou associatif de la région qu’elles ont choisi d’habiter. Audrey Célestine pourrait entrer dans cette catégorie, puisqu’elle a su faire, en menant de front son parcours universitaire, preuve d’initiative et de créativité dans le domaine de l’entreprise avec sa famille en participant à l’ouverture de plusieurs bars antillais sur Paris, « Chez Pierrot », à Bastille, « Les Souffleurs », dans Le Marais, et « Panam soul », en phase d’ouverture entre Bastille et Nation. Autant d’adresses qu’évidemment nous vous recommandons. Mais Audrey est aussi et surtout une intelligence qui réfléchit aux réseaux identitaires qui se créent année après année dans les pays dit « développés. » La famille, pour Audrey, n’est pas seulement un socle où se reposer, c’est aussi sa principale source d’inspiration puisque l’ensemble, vaste, de ses activités est en relation avec ses origines et son expérience familiale. Elle est née en Métropole, à Dunkerque, mais c’est en Martinique, où sa famille s’est provisoirement établie, qu’elle fait ses études au lycée Schoelcher, où elle obtient son baccalauréat en 1998. Ensuite, c’est à Paris, où elle réside toujours, qu’elle choisit de s’installer en intégrant les classes préparatoires du lycée Claude Monet. Ce qui intéresse Audrey, c’est de comprendre le monde dans lequel elle vit, le monde en perpétuel mouvement, où les communautés sont amenées à s’exiler, à s’établir ailleurs, et à recréer ici l’ailleurs qu’ils ont quitté : le monde métissé. Son parcours devait la prédestiner à cet objet d’étude qui l’amène en 2003 à obtenir le diplôme de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Elle poursuit l’année d’après en obtenant le diplôme supérieur : son sujet de mémoire est alors éloquent : « La Troisième Ile en question. Enquête sur la notion de communauté antillaise. » On remarque que ce sujet est quasiment autobiographique, et, sans l’avoir lu, nous parions volontiers sur le fait que, d’une manière dissimulée, il doit être également un questionnement identitaire pour Audrey. Ce mémoire soutenu, Audrey poursuit à l’Institut d’Etudes Politiques, cette fois pour entamer un travail de doctorat qu’elle mènera à terme trois ans plus tard, en obtenant les félicitations du jury à l’unanimité. Son sujet ? une extension de son premier travail sur les communautés antillaises : « Mobilisations collectives et constructions identitaires. Le cas des Antillais en France et des Portoricains aux Etats-Unis » Ce sujet est finalement peu étudié. Audrey apporte une contribution décisive à l’histoire de nos diasporas. Ses recherches la verront s’envoler pour New-York pour un an où elle a l’occasion d’intervenir à la prestigieuse Columbia University, où se côtoient les plus grands intellectuels.Son parcours s’est enrichi de diverses expériences, notamment journalistiques, puisque l’on a vu son nom apparaître dans Le Monde ou encore dans L’Humanité, éducatives, puisqu’on l’a vue enseigner comme ATER à Paris 12, ou être chargé d’enseignement à Paris 12 encore ou à Lyon 2, associatives puisqu’Audrey est présidente de l’association Le Cri du Peuple, (www.cridupeuple.com), manière de mettre en actes ce qu’elle a aidé à conceptualiser, en participant notamment au festival « Influences Caraïbes, ou artistiques puisqu’elle est conseillère pour la Villette de l’exposition Kreyol Factory. C’est ce dernier nom que aimerions retenir pour définir Audrey : la créolité, chère à E.Glissant n’est pas seulement un état, c’est une dynamique qu’il faut entretenir, dans l’action comme dans la réflexion : c’est à ce point de concordance que se situe Audrey, exactement.
Article de N.P_Femmdoubout le 10/05/2010
Tous droits réservés à Femmdoubout
Commentaires
Mars 2010
Rosemonde Pierre- Louis

Fonction : Consultante en communication, créatrice de l’agence « C PAS DE LA COM »
Nous avons beaucoup parlé d’Haïti, ces derniers temps. Le tremblement de terre a réveillé la planète médiatique pour à nouveau poser son éclairage sur cette terre à l’Ouest d’Hispagnola et pour, une fois encore, dire tout ce que ce pays a pu subir. Or, naître à Haïti ne signifie pas nécessairement subir. L’île a vu naitre suffisamment de talents pour que nous sachions tous que naître là-bas n’est absolument pas une fatalité à la misère, à la corruption ou aux trafics. Haïti peut fournir des histoires admirables. C’est l’une d’entre elles que nous vous proposons de raconter aujourd’hui. Nous ne parlerons peu d’Haïti, aujourd’hui, ou alors au début de la trajectoire sur laquelle nous voulons écrire, celle de Rosemonde Pierre-Louis, dont la signification du prénom est tellement lisible qu’elle se passe de tout commentaire. Rosemonde, ou Rose, est donc née à Port au Prince, le 24 juin 1980, mais dès l’âge de 5 ans, elle part pour Paris, où elle vit encore, si bien que, selon ses propres dires, elle n’a aucun souvenir de l’île. C’est donc en parfaite Française que Rose poursuit ses études jusqu’au bac qu’elle choisit littéraire par affinités. Que faire ensuite ? De nombreux bacheliers en filière littéraire se sont posé la question. Rose connaît déjà la réponse depuis qu’un professeur de Paris III s’est déplacé afin de vanter dans son lycée les mérites de la formation en communication dispensée dans son université. Une fois reçue au concours, la filière n’admettant qu’un nombre restreint d’étudiants, Rose poursuit son cursus sans encombre, le DEUG d’abord, puis la licence et la maîtrise en information et communication. Ne voulant pas s’arrêter en si bon chemin, Rose s’inscrit en Master de gestion et marketing dans une autre université parisienne, Paris-Dauphine, qu’elle obtient en 2006. Nous n’avons dévoilé qu’une partie de l’histoire. Faire des études, aussi brillantes soit-elle, ne dispense pas de penser et de travailler également à sa vie professionnelle. En 2002, Rose, alors en DEUG, est journaliste pour Fmuzik.com, où elle se forme en écrivant et en interviewant des artistes de hip-hop. En 2003, elle travaille comme attachée de presse pour Universal Music, et en 2004, elle devient chargée de communication pour MCM. Elle met en pratique ce qu’elle a appris en mettant en place, notamment, les stratégies promotionnelles et événementielles. Et en 2004, alors que ses études ne sont pas achevées, elle se permet de créer sa propre entreprise de communication : LIIE éditions & com’. Tout est à faire. Parions que les journées de Rose à cette époque devaient être longues : seule, elle va tout faire afin que son projet existe et trouve sa place. Un an après, elle doit momentanément abandonner : partir d’une feuille blanche n’est pas forcément simple. Nous sommes alors à nouveau en 2006. Nous venons de dévoiler la seconde partie de l’histoire qui s’écrit désormais en une, vers sa conclusion provisoire. Rose rebondit. Après un court passage à l’espace Solara en tant que responsable du développement, Rose crée « C pas de la com », où comme consultante en communication, elle conseille des marques aussi prestigieuses que Guerlain, Walt Disney, la Maif ou encore le Parc de la Vilette. Rose aura bientôt 30 ans. Seulement. Où la transportera ses prochaines aventures ? Nous avons dit que nous parlerions peu d’Haïti. Mais nous tenons tout de même à l’évoquer à la fin de cet article, simplement, parce que l’un des désirs de Rose est de s’impliquer un jour dans le développement de sa terre natale. Nul doute qu’avec un talent pareil, Haïti pourrait un jour nous montrer son jour le meilleur.
Article de N.P _ Femmdoubout le 30/03/2010
Tous droits réservés à l'association Femmdoubout
Commentaires
Sarah Saminadin Peter

Fonction : Chercheure Post doctorant à Harvard Medical School, Département de Biologie systématique (Boston, USA)
C’est dans un domaine scientifique bien particulier, celui de la recherche en génétique associé au développement des embryons, que nous vous proposons de pénétrer, aujourd’hui, un domaine inconnu où peu de femmes à notre connaissance ont su, si jeunes, s’imposer comme référence, à l’instar de Sarah Saminadin-Peter, la femme qui a accepté d’ouvrir son laboratoire secret pour nous, pour vous. Son laboratoire est basé actuellement à Harvard, l’une des plus prestigieuses universités du monde. Mais comme beaucoup de ces femmes que nous vous présentons mois après mois, son laboratoire est nomade, puisqu’elle l’a déplacé depuis une dizaine d’années en France d’abord puis en Allemagne. Mais son laboratoire, il nait en Guadeloupe, sur nos terres dont elle est originaire, et où, après une scolarité brillante, Sarah obtient son baccalauréat en série scientifique, évidemment. C’est d’abord à l’Université de Lyon qu’elle s’inscrit pour obtenir son DEUG déjà orienté vers l’écologie. Puis c’est à Marseille qu’elle obtient sa licence en Biologie marine. Son laboratoire en construction se déplace. C’est au pays basque qu’elle travaille sur sa maitrise et c’est enfin à Tours, sur les bords de Loire, qu’elle soutient son mémoire de DEA en génétique. Durant ces années, son sujet de prédilection, qui deviendra son sujet de recherche, porte sur l'étude des gènes menant à l'adaptation des individus à leur environnement. Sujet, qu’elle expérimentera sur les drosophiles (mouche du vinaigre) pour les besoins de sa thèse puisqu’elle s’inscrit à l’Université de Munich en Juillet 2005. Durant trois ans, sous la direction du professeur John Parsch, elle mènera ses travaux d’expérimentation afin de pouvoir soutenir en décembre 2008, brillamment. La suite, vous la connaissez : Sarah transporte son laboratoire aux Etats-Unis où, elle occupe un poste de chercheur post doctorante à Harvard et poursuit ses travaux entamés en Allemagne. Nous avouerons humblement que nous sommes bien incapables d’expliquer ici l’ensemble de ses recherches menées avec le Docteur Angela DePace. En revanche, ce que nous comprenons, c’est que Sarah contribue au rayonnement de la Caraïbe d'abord à Munich en s’investissant auprès d’une association qu’elle a contribué à créer , Volvox, qui regroupe des jeunes chercheurs, soucieux de créer un dialogue constant avec d’autres universités. Ensuite à Boston, où elle est en charge de l’organisation d’un Symposium sur le développement embryonaire qui verra le jour en juillet 2010 à Paris. Qu’ajouter d’autre ? Que Sarah n’a pas oublié, évidemment ses origines caribéennes puisqu’elle participe activement à l’association qui soutient les étudiants issus des minorités ethniques à Harvard, et qu’elle pratique également la danse dans une compagnie de musique haïtienne. En 2005 et 2006, la région Guadeloupe lui a attribué une bourse de thèse, afin de l’aider à poursuivre son cursus. La région a bien fait. C’est évidemment l’un de ses enfants les plus doués que la Guadeloupe a aidé, et désormais Sarah contribue au rayonnement de son île dans l’un des « temples » du savoir mondial. Sarah n’a que 31 ans...
Article de N.P pour Femmdoubout le 16/03/2010
Tous droits réservés à l’association Femmdoubout
Commentaires
Février 2010
Odile Bulten
Odile Bulten
Fonction : Humanitarian Affairs Officer
OCHA |Regional Office for Southern & Eastern Africa, Johannesburg, South Africa
Pour une fois, le point de départ de la trajectoire dessinée dans ce portrait ne sera pas la Caraïbe ou les îles, mais l’Afrique du Sud où réside notre femme du mois, martiniquaise d’origine, mais que les impératifs de ses fonctions ont amené là-bas, à Johannesburg, où elle réside désormais, entourée de sa famille. Rien d’étonnant à cela. Ce portrait est consacré à une femme qui est une véritable amoureuse de l’Afrique où elle a pu mettre en œuvre son incroyable sens de l’altérité : s’il existe des personnes qui aident les autres, de temps à autres, Odile Bulten, elle, a décidé d’être une personne qui aide les autres à temps plein. Seule, évidemment, elle serait inefficace. Nous sommes fiers de présenter aujourd’hui, la seule, à notre connaissance, fonctionnaire de l’ONU domienne. Odile est née en Guyane en 1962, mais c’est en Martinique qu’elle est élevée et qu’elle obtient son baccalauréat. En 1981, c’est le départ pour Paris, comme bon nombre de ses compatriotes de sa génération, où elle est admise à l’institut BEGUE, et où elle obtient, deux ans après, un diplôme de secrétariat trilingue. Apprendre diverses langues n’est pas une fin en soi pour Odile, c’est avant tout un passeport pour ce qu’elle imagine pour son avenir : travailler pour les organismes internationaux. En 1985, après un court passage chez ITT, Odile passe le concours de l’UNICEF, sous l’égide de l’ONU, à New-York, qu’elle réussit. C’est donc là-bas, qu’elle passe six ans de sa vie, jusqu’en 1991, comme secrétaire principale au siège de l’organisation chargée de veiller au respect des droits de l’enfant dans le monde. Ces six ans sont certes formateurs, mais à New-York, Odile est loin encore des lieux où elle pourrait être au service des autres, de ceux qui souffrent. L’UNICEF lui donnera alors l’opportunité de découvrir pour la première fois sa terre d’adoption, l’Afrique. C’est au Cameroun, pour deux ans, qu’Odile est envoyée en mission, auprès du programme d’éducation des femmes. Cette première mission réussie, l’UNICEF l’envoie ensuite dans ce qui est une des régions du monde les plus conflictuelles à cette époque : l’Afghanistan. A Peshawar, elle intègre un autre programme, durant quatre ans, où elle rédige, au contact de la population, où rien, évidemment, n’est fait pour une femme et de couleur, de surcroît, des rapports sur la guerre. L’expérience est évidemment formatrice. Pour elle, comme pour l’ONU, qui voit désormais en Odile une employée capable, habituée aux vicissitudes des terrains les plus redoutables. Revenue d’Afghanistan, Haïti, alors, représente un autre défi : nous sommes en 1997, pendant six mois, Odile, sur place rédigera un rapport d’aide spécifique pour la Banque mondiale dans la cadre de CARE HAITI. Puis Odile s’arrête un instant de courir le monde. Comme quelques unes des femmes que nous avons présentées ici, elle ressent le besoin de consolider son savoir et c’est par correspondance auprès de la Open University au Royaume Uni qu’elle obtient une licence en sciences sociales et en gestion du développement. Ces bases théoriques acquises, elle repart. Nous l’avons dit, la trajectoire d’Odile tend vers l’Afrique. Entre 2002 et 2005, elle accomplira trois missions en Angola, pays régulièrement pris dans des guerres civiles sanglantes : elle y coordonne l’aide humanitaire et participe également aux projets d’éducation des femmes. Cette dernière mission, elle l’accomplira au Soudan, également, en 2005, avant de rejoindre l’Afrique du Sud, là où nous l’avons retrouvée. C’est depuis Johannesburg, donc, qu’elle continue son travail de coordination dans les programmes de préparation et de réponse aux catastrophes naturelles pour les pays de l’Afrique Australe et de l’Océan Indien, durement touchés, entre autres, par le HIV. Une telle trajectoire force le respect. Nous n’en rajouterons donc pas, et nous nous contenterons de saluer le courage et l’intelligence d’une femme, qui a osé affronter la guerre, l’exil, la souffrance afin de rendre ce monde un peu meilleur.
Article de N.P _ Femmdoubout _ le 22/02/2010
Tous droits réservés à l’association Femmdoubout
®




