Ma correspondance avec Nadia
Femmdoubout a voulu prendre un peu le pouls de ce qui se passe chez nos homologues féminines dans d’autres pays. Et a choisi de se tourner vers Nadia Payet, une de ces ambassadrices réunionnaise qui a posé ses valises depuis plusieurs années aux Etats Unis. Let’s go pour une petite confidence entre FD…
Tranche de vie en Oregon
Nadia Payet
Je viens vous raconter l'histoire de Allison, que j'ai rencontrée lors d'un stage dans un studio d'animation à Portland, OR. Allison était mon manager à ce studio et j'ai appris à l'apprécier comme une amie. C'était pour moi un modèle du genre, une vraie self-made woman. Elle commençait toujours sa journée avec un café et une tournée de chaque collègue, pour voir comment les divers projets en cours avançaient, et pour définir clairement le programme de la journée. Mon stage s'est déroulé sans problème, et j'ai beaucoup appris en seulement deux mois. Un an plus tard, Allison a perdu son emploi, faute à la crise et aux restrictions budgétaires qui ont suivi. Et pas de la plus belle des manières. Personne ne s'attendait à la voir partir, elle qui occupait ce poste à la perfection. Un lundi, elle est arrivée au travail comme d'habitude vers 9h, et à 10h elle était retournée chez elle. Parlez de licenciement à l'américaine! J'ai appris la nouvelle par un ami à moi qui faisait également un stage à ce moment là. J'ai contacté Allison un peu plus tard dans la semaine pour prendre de ses nouvelles. Et c'est là où j'ai eu un choc de cultures, enfin dans le bon sens du terme. Je m'attendais à trouver une Allison désespérée, avec le crédit de la maison et de la voiture à payer, et sans emploi ni "Assedic" en vue... Et bien c'était au contraire une Allison très décontractée que j'ai eue au téléphone ce jour là. Elle m'a dit qu'elle avait de toute façon besoin de vacances, que c'était l'occasion rêvée pour passer un peu plus de temps avec sa famille, et pour penser à ses projets futurs. Elle avait toujours eu envie de monter sa propre entreprise de production, et n'avait jamais eu le temps de s'y mettre vraiment. J'étais fort étonnée mais heureuse de voir que son brusque changement de situation ne l'affectait pas outre mesure. J'étais à vrai dire fière d'elle.
Aujourd'hui, Allison a réalisé son rêve de création d'entreprise. Elle a débauché 2 employés de sa précédente boîte, et a monté son mini-studio d'animation. Les locaux sentent encore la peinture, mais les projets sont bien réels et Allison on ne peut plus heureuse. Evidemment, tous les jours n'ont pas été roses, il y a eu les périodes de doute où, la crise n'aidant pas, les projets se sont faits plus rares, où le moral n'était pas au plus fort. Mais au fil de mes discussions avec elle, je me suis rendue compte qu'elle trouvait que tout ça valait 10 fois la peine, parce que cette entreprise, c'était son bébé, son idée, ses ambitions. Elle ne pouvait simplement pas laisser la crise enterrer son projet. Et j'ai récemment débuté une collaboration avec elle, histoire de me faire de l'expérience moi aussi.
J'aime raconter cette histoire autour de moi, parce que c'est pour moi la parfaite définition du mot "rebondir". C'est si important de ne pas se laisser abattre et, au lieu de se lamenter sur une situation au premier abord difficile, de trouver de nouvelles perspectives et de retourner la situation. J'espère que ce court récit vous aura inspirées, mesdames...
Article de Nadia Payet pour Femmdoubout le 15/03/2010
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Commentaires
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C'est peut-être cela vivre pleinement!
Faire face aux évènement et les transformer en positif.
J'aime cette histoire -
Le hasard ne fait pas partie de mon vocabulaire, et ce message m'est indirectement adressé...Je sais ce qu'il me reste à faire...Merci Nadia
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